• Etre ou ne pas être élu : là est la question.... 2/2

     

    LE PARADIS

    Je sors enfin de l'isoloir sans avoir pu encore faire mon choix. Les électeurs présents ont une mine triste à vous tirer les larmes des yeux.
    J'interpelle un monsieur :

    - Dites, c'est pas un enterrement que je sache !
    - Monsieur ! c'est à votre tour, me dit une personne de grande de taille, toute maigre et toute vêtue de noir... Il ressemblait à un croque mort.

    La personne que j'avais auparavant interpellé me dit :

    - Non monsieur ! pas un enterrement, il n'y a pas de cercueil !!
    - Ouf ! de toute façon je pense me faire incinérer, lui dis je en souriant alors que je n'en menais pas large.
    - Mettez votre bulletin dans l'urne, s'il vous plaît.

    Dans l'urne, les papiers se mirent à brûler et devinrent cendre...

    - Dans l'urne ? Nooooon, pas l'incinérateur! c'est pas mon jour... je veux encore vivre.

    Au loin, des marmots vociféraient.

    - Faites les taire, je n'en peux plus !
    Qui à eu l'idée d'inventer "les élections" dans une école, encore ce sacré Charlemagne ?
    C'est dimanche aujourd'hui..Y'a pas école alors les gamins, ils doivent rester à la maison !

    Évidement ils crièrent et pleurèrent encore plus fort. Au fond je les comprenais, qu'avions nous à leur offrir ? Avaient-ils le don de voir l'avenir ? Il était si sombre...

    - Je vous plains mes enfants ! si je pouvais...

    L'heure était venue de glisser mon bulletin.
    Je tremblais. J'étais en sueur. Je ne tenais plus sur mes jambes

    - Asseyez-vous sur ce banc ! Nous avons le temps. Les bureaux ferment à 19 heures, me dit avec douceur une charmante hôtesse que j'avais déjà croisé dans l'un de mes rêves (la ballade de Jim)..
    Je fis ce qu'elle me dit et, une fois assis, je posais mon dos sur le dossier...Y' AVAIT PAS DE DOSSIER SUR LE BANC...
    Je basculais en arrière.
    Une chute infernale m'entraîna dans une salle habillée de rideau noir où il était inscrit un peu partout à la craie : LE PARADIS.

    Ils étaient tous là, tous les chefs de parti, assis autour d'une table à rigoler, à manger, à se taper le carton..
    - Mais ! vous vous aimez ? m'exclamais je...
    - Hé là, faut tout de même pas exagérer ! On est des potes, ça c'est sûr, me dit monsieur Sarkozy.
    Arlette ! servez moi un verre de rosé PSV ! L'alcool, c'est pas mon fort, mais pour faire plaisir à Ségolène je bois une goutte de leur vin AOC, extrait de la rose, mais après je suis dans un état... un État désastreux, n'est ce pas Fillon ?
    - Elle est où Martine ? c'est elle la chef des socialistes !
    - Mais non c'est Ségolène... elle excelle dans ce rôle, elle est royale...
    Le pardon au Sénégal, la zénitude et le blanc couleur deuil en chine etc., c'est la meilleure !
    En plus, ça fait mes affaires. Contre elle, je suis sûr d'être élu pour l'éternité...
    - Et le Pen, c'est aussi votre ami... à tous ?
    - Mais bien sûr ! Lui, lui, lui et encore lui, ils étaient où avant ? au FN ! et maintenant ? à l'UMP ! A force on va faire parti de la même famille !
    Quant à la gauche de François Mitterand - ah c'était le bon vieux temps - elle était au petit soin avec lui. Avant chaque élection, il nous refaisait le coup. Une bonne phrase bien placée et Le Pen faisait un bon score et nous... on avait que les yeux pour pleurer.
    Depuis, on fait tous pareil. Un coup par ci, un coup par là...
    - Mais! c'est pas bien ça ! Nous on croit en vous ! Vous êtes... vous êtes pour nous... comme des dieux ! On attend les miracles ! On a besoin de vous ! Vous avez l'air si sincères à la télé. Vous nous promettez tant de belles choses. Mais pourquoi prenez vous cet air si triste ?
    Vous pouvez pas faire ce que vous dites ? Les promesses n’engagent vraiment que ceux qui les croient ?
    - Mais non, là n'est pas le problème. Ca, vous en avez l'habitude maintenant !
    Non, c' est qu'en ce moment ils ont tous une dent(e) contre nous. Mais l'enfer, c'est pas nous, l'enfer, c'est les autres...
    - Heuuu, je crois que "l'enfer, c'est les autres" c'est plutôt de Sartre pas de Dante...
    Bon ! après cette divine comédie il faut que je m'en aille. J'ai fais mon choix.... je voterai blanc.

    Une voix lointaine me dit :
    - Mais ça ne sert à rien, t'es complètement nul !

    D'où il sort lui ! c'est mon histoire, je veux le dernier mot !
    Bon tant pis, de toute façon, blanc ou pas, à vrai dire je ne vois pas la différence.
    Tous les mêmes, assoiffés de pouvoir, à se foutre de la gueule du monde une fois élu...


    JanSheng

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