• Fable sociale : si l'augmentation m'était comptée

     

    « - Dieu soit loué. Ne vous inquiétez pas pour eux, ils sont jeunes ou dans la force de l’age. Notre Président-Directeur général attend des résultats que nous lui donnerons. D'une manière ou d'une autre. Rien ne vous empêche de les féliciter individuellement et collectivement ».

    Cycle : Fables sociales des temps modernes

    Chapitre 2

     

     Salle de réunion, 11 heures 45 du matin

    - Tout d'abord, désolé pour ce retard qui nous soumettra soit à se priver exceptionnellement de repas, soit de déjeuner ensemble hormis évidement pour le cadre de permanence. J'ose imaginer que ma compagnie vous fera plaisir donc... nous déjeunerons ensemble ! Comme le chantait si bien Stephan Echer, nous "luncherons" en paix et l'esprit libéré de toute contrainte et retenue en tout genre. Quoi de mieux par exemple, pour échanger sur le week-end passé... en famille ! Des objections ? Oui Chantal !

    -  J’avais prévu de déjeuner avec une partie de mon équipe. Ça me gêne de me décommander à la dernière minute d’autant plus que nous avions choisi date il y quelques semaines déjà !

    - Ça vous gêne ? Moi non ! alors vous les préviendrez que des impératifs vous retiennent. D'une manière ou d'une autre, à 13 heures, vous ne serez pas disponible. Bon, assez de temps perdu. Passons directement au sujet qui nous intéresse : Et si l'on augmentait nos collaborateurs ! Bernard avez-vous pensé à mettre des chaussettes en bon état ?  (voir texte précédent - Lien en bas de l’article)

    - C'est que... c'est que... ça peut arriver à tout le monde d'avoir un trou... un trou... aux chaussettes.

    - Pas la peine de vous mettre dans cet état pour une simple histoire de trou. Que celui d'entre vous qui n'a jamais troué sa chaussette lui jette la première pierre ! Rassurez-vous, aujourd'hui, nous garderons les chaussures à nos pieds mais nous porterons un... bonnet d’âne. Oui Jean-Claude !

    - C'est assez humiliant, vous ne trouvez pas ?

    - Ne vous méprenez pas, les ânes sont des animaux très intelligents. Il n'y a aucune raison de vous sentir humilié. Si je trouve l'idée rigolote, j’espère surtout que vous serez décomplexés pour traiter, à sa juste valeur, le sujet du jour. Bon, on prend du retard. On ne va pas se payer le luxe en bavardages inutiles. Chantal, distribution des bonnets qui seront aussitôt mis sur la tête.

    Et si l'on augmentait la charge du travail de nos collaborateurs. Comme je vous l’expliquais la semaine dernière, si les chiffres sont encourageants, la prime de notre Président-Directeur général est en dessous de ses attentes. En conséquence, on gèle les embauches et l'on redéploie les équipes sur des taches inaccomplies qui plombent le résultat.

    - Ça risque d’être assez difficile ! Les collaborateurs sont épuisés et pour certains à bout. Y a qu'a voir les arrêts pour cause de dépressions !

    - Vous ! Vous Chantal ! vous allez bien ?

     

    Fable sociale : si l'augmentation m'était comptée

    - Ben.. oui !

    - Dieu soit loué ! Ne vous inquiétez pas pour eux, ils sont jeunes ou dans la force de l'age. Notre Président-Directeur général attend des résultats que nous lui donnerons. D'une manière ou d'une autre. Rien ne vous empêche de les féliciter individuellement et collectivement.

    - On ne pourrez pas, comme par le passé, leur donner une petite augmentation individuelle ? Au moins à nos meilleurs collaborateurs.

    - Mais c'est qu'il est devenu complétement fou ! Quoi que, après réflexion votre idée n’est pas si mauvaise. Il serait temps de mettre fin aux augmentations collectives. Donc, certains de nos collaborateurs, une minorité, toucheront en toute discrétion un petit bonus. Évidemment, les heureux bénéficiaires de la prime ne pourront refuser les sacrifices que l'on n'oubliera pas de leur demander. Je rectifie, que l'on n'oubliera pas de leur exiger.

    - Comment choisir entre tous nos collaborateurs ? Rares sont ceux qui déméritent.

    - En effet Chantal. Et comme à l’école des fans, tout le monde gagnera. De l'argent pour quelqu’un, une orgie de compliments pour les autres. Ne vous gêner pas, ça coute pas un sou à l'entreprise. Même les incompétents bénéficieront de compliments en tout genre. N'oubliez tout de même pas de leur faire remarquer que tout n'est pas parfait.

    La prochaine réunion aura pour thème : la générosité du gouvernement envers les chefs d'entreprise. Vous verrez, nos bonus vont sacrément augmenter. Mais en attendant, si on allait manger...

     

    Antoine (le 18 avril 2015)

    PS : tout comme la modération salariale actuelle, le texte est soumis à une certaine forme de modération. Les prochains le resteront ils ? il est fort à parier car seule l'idée m’intéresse. Il ne tient qu'à nous de la propager.

     

    Précédemment dans le Cycle fables sociales des temps modernes : Intouchable : celui qui ne touchera jamais le fruit de son labeur
    « Intouchable : celui qui ne touchera jamais le fruit de son labeurLa culture fait souvent la culbute. C'est ainsi, et rien ne changera. »
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