• L'étrange Noël de Mr Duchossoy (Un an trop tôt: entrez dans le rêve 5/6)

     

    La musique que j'ai mis en ligne (Prokofiev: Alexander Nevsky) avec le texte, n'est pas obligatoirement en adéquation avec celui ci...
    Pour le dernier titre: le chant des morts, j'ai longuement hésité avant de choisir la version instrumentale car la version "chantée" vous prend beaucoup plus aux tripes, ce que l'on ne ressent malheureusement pas  par le biais d'une écoute sur ordinateur....

    Si l'image de la mort est omniprésente dans ce texte,  j'espère qu'il sera avant tout resenti comme un hymne à la vie...
    JS

     

     

    *******

    La nuit recouvrait une ville fantôme. Des femmes et des enfants en haillons attendaient le geste généreux du passant...qui ne venait jamais.
    Un enfant se mit à tousser violemment et cracha du sang. La mère affolée hurla au secours...La neige fondit sous l'effet de la chaleur du liquide.
    Les passants furent submergés par l’effroi, tétanisés par la peur. Une vague démesurée s'abattit sur le village et balaya tout sur son passage....

     

     

     



    L'histoire se répéta à nouveau, l'enfant, la toux, le sang et le cri de cette mère, serrant si fort son enfant dans un geste protecteur qu'elle l'étouffa. Elle s'en aperçu malheureusement trop tard...
    Elle se recroquevilla, son corps secoué par des spasmes nerveux. Quelques passants s'approchèrent lentement, et dans une totale indifférence continuèrent leur chemin...

    Et la scène qui recommençait pour la énième fois...
    Torturé par les plaintes de l'enfant et les cris de douleur de la mère, Jacques s’approcha et toucha le front chaud et en sueur du petit. Le visage de l'enfant s'illumina, sur ses lèvres se dessinait un triste sourire...son regard se posa tendrement sur le visage de l'inconnu. Avec difficulté il leva son bras, tendit sa main, mais il était trop faible, il referma les yeux et se mit à fredonner un air que Jacques connaissait bien..
    Il se passa une chose étrange, Jacques se retrouva à la place de l'enfant, la tête posait sur la poitrine de la miséreuse, il entendait les battements de son coeur...


    - Comment vas tu mon fils depuis toutes ces années...si tu savais comme j'ai pu m'inquiéter pour toi...
    - je vais bien maman ! je ne manque de rien...je suis devenu riche, j'ai une entreprise qui prospère...
    - tu es donc heureux ! je suis si fière de toi... as tu une femme, des enfants ?
    - non maman, c'est que...
    - Ce n'est pas grave, il ya tant d'être à chérir sur ce bas monde. Je suis persuadée qu'un orphelinat porte ton nom. La plus grande des richesses est celle du coeur, et tu la possédes..
    - oui maman, je suis l'homme le plus apprécié...oui, le plus apprécié de tous...

    Pour la première fois, Jacques souffrit au plus profond de sa chair.

    De nouv
    eau, tout recommença. L'enfant qui se tordait de douleur, des larmes de sang coulaient de ses yeux, ses cris résonnaient dans la tête de Jacques.

     

     

     


    " Pascal, ce n'est pas de ma faute, si tu savais comme je suis malheureux...J'ai travaillé dur pour oublier, j'ai fait du mal pour effacer mes souffrances, j'ai détesté la terre entière parce que c'est de moi que j'avais horreur..."

    Tout autour, des gens le regardaient avec fureur; leur peau tombait en lambeau.
    Pourtant, Jacques n'eut pas peur, il prit l'enfant dans ses bras et le berça tendrement.
    Il lui chanta des chansons douces, celles que sa mère fredonnait pour le rassurer lorsque son père le terrorisait.
    L'espace d'un instant il devint l'enfant qu'il ne fut jamais, celui qu'il n'avait jamais eu.


    Des enfants vêtus de blancs sortirent de l'église voisine. Ils reprirent en coeur des chants liturgiques, une invitation au recueillement et à la joie.
    Leurs douces mélodies, le son reposant de l'orgue, transportèrent Jacques à travers les âges, au siècle des mystères.
    Ailleurs,dans une étable dormait un enfant, à ses côtés se tenait une femme.
    Trois rois, guidés par la lumière de l'étoile empruntèrent le chemin qui les mena jusqu'à Bethléem. Ces hommes venus d'orient, priaient agenouillés. Ils couvrirent l'enfant d'or et de précieux présents.

    Le sol se dérobait
    sous les pieds de Jacques, et le voila glissant sur un coussin d'air.
    de la haut, il put entendre les moindres rires, tout comme les pleurs, les joies ainsi que les chagrins.
    Jacques eut une pensée pour ces pauvres enfants qui n'auront jamais la chance de connaître le bonheur et l'émerveillement de Noël...
    Des anges lui sourirent,et Jacques le leurs rendit et...quand une voix lui proposa d'échanger sa vie contre celle de l'enfant malade, il répondit oui, sans aucune hésitation.....


    à suivre...

    Antoine le 10 décembre 2009

     

     

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