• Le destin tragique du Père Noël (Seconde partie)

    Je vous l'avais bien dit. On naît un jour, mais pas pour toujours alors, il faut essayer de voir la vie du bon coté. Sauf que l'idée même du noir infini nous hante et c'est l'effet inverse qui se produit. Alors, on se serre les uns contre les autres... en attendant que les pages soient à nouveau tournées.

    Le lecteur reposera son livre et pourra vaquer à son occupation ou s'endormir paisiblement...

    Nous, nous restons enfermés en attendant que le jour se fasse, qu'une paire d'yeux que nous considérons comme nos dieux, ouvre à nouveau le livre. Enfin, on respire à nouveau la vie, notre histoire refait surface mais moi, héros malgré moi d'un conte à deux sous, je suis enfermé à vie dans la médiocrité...

    Merci infiniment de m'avoir donné ce semblant d'intérêt... Si je le pouvais, je vous offrirais une statuette... mais ça vous n'êtes pas obligé de me croire... tout comme la fin de tragique et pitoyable du Père Noël...

    Les rues étaient bondées de monde. Les enfants, excités par les vitrines et les décorations. La joie et la bonne humeur débordante.

    Et puis survint l'explosion... Une déflagration violente qui fit voler les corps en éclat et recouvrit le blanc manteau d'un rouge mort et vif...

    Je me retrouvais dans le fleuve, mon corps baignant dans le sang quand... je vis le Père Noël. A coup de marteau, le visage marquée par la haine, il frappait de pauvres et si dociles cétacés qui agonisaient dans d'horribles souffrances...

    Le réveil fut brutal mais salutaire. On frappait à ma porte. Deux policiers m'annoncèrent la mort du Père Noël.

    Après quelques questions, et des réponses où j'évitais d'en dire trop, ils me laissèrent ko... Je venais de tuer le Père Noël par procuration.

    Une dernière mission m'attendait avant que je puisse faire définitivement le deuil. Je devais porter à la veuve une enveloppe contenant une clé...

    Elle m'accueillit tout d'abord froidement. Elle changea d'attitude lorsqu'elle prit connaissance du courrier de son défunt mari.

    "- Il était devenu complètement fou. Se prendre pour le Père Noël !!! Quel crétin.

    - La ressemblance était frappante et puis au fond, il l'était un peu...

    - Pensez-donc, il avait une bonne situation, on manquait de rien jusqu'au jour où, il démissionna sur un coup de tête.

    - Vous savez le coup, il le prit lorsqu'il vous trouva au lit avec...

    - Il vous l'a raconté ? Et puis zut, de toute façon il l'a raconté à tout le quartier, à toutes ses connaissances. Maintenant, on me prend pour une traînée. Les hommes bavent sur mon passage et me vont des avances les plus farfelues les unes plus que les autres...

    - Vous êtes la traînée qui obscurcie le ciel. L'opposé de celle que l'on voit derrière le traîneau. Elle m'avait toujours émerveillé jusqu'à ce jour. 

    - Faites de l'esprit pendant que je crève la dalle. Il est parti en emportant tout son pognon, les statuettes de collection. Et dire que ces mochetés valaient au minimum 10.000 euros. J'espère bien leur remettre la main dessus..."

    La mienne était posée sur l'unique "objet d'art" que j'avais gardé en ma possession en souvenir de mon ami... Quel con, je venais d'acquérir mon plus grand trésor et je l'avais tout bonnement jeté par la fenêtre, vue avec fleuve...

    " - Cette enveloppe, vous pouvez me la remettre ?

    - Tenez, si elle vous aide à oublier cet homme généreux. Au fait, vous me disiez être à la rue. Vos petits amis, ils pourraient vous venir en aide ?

    - Vous me gênez avec vos questions mais sachez que je l'ai fait par amour. Il m'avait dit qu'il me plaquerait si je... me soumettais par à ses caprices. Depuis qu'il sait que je suis dans la dèche, je ne l'ai plus jamais revu."

    Pauvre type. Il croyait sa femme pieuse parce qu'elle se rendait tous les dimanches à l'Église. Il lui aurait donné le bon dieu sans confession... Dés les premiers instants, je compris que cette femme était la plus tordue que le terre ait pû engendrer... Rien que pour le plaisir, j'aurai aimé qu'elle me récite une prière... L'avait-il accompagné une seule fois à l'église ? J'en doute. Elle n'y avait certainement pas mis souvent les pieds...

    Je lui remis la clef. Un sourire de satisfaction se dessinait sur ses lèvres. Puis la réalité repris le dessus. Il lui fallait trouver le coffre. Elle avait espéré que je lui donne la solution à son épineux problème.

    Je suis persuadé que la seule porte qu'aurait pu ouvrir cette clé était celle du coeur.  Alors, le plus simple fut qu'elle la jette de suite. Cela ne la concernait guère....

    C'est un jour d'été que je fis sa rencontre, un putain de jour ou j'aurai mieux fait de rester au lit. Depuis, je déteste le monde, je me déteste. Je hais tous ces pauvres types qui se lèvent heureux, qui embrassent leur femme en partant et qui trouvent à leur retour de bon petits plats mijotés avec amour...

    L'amour, le vrai, c'est comme le Père Noël, je doute qu'il existe. Alors, si par hasard vous le trouvez, gardez le précieusement, cachez le... car une clé, c'est vite perdu, c'est vite volée...

    Bordel de merde, elles étaient vraiment horribles ces statuettes....

      *******

    Merci à toi lecteur d'avoir suivi cette aventure.

    Cette histoire comme les milles autres que j'ai depuis oublié, m'est venue en pleine nuit, perturbant ainsi mon sommeil... Malheureusement, ce que l'esprit projette sur l'instant et difficilement mis en lumière par la suite pour deux raisons :

    1) Les mots qui viennent instantanément sur l'instant s'effacent le jour venu. L'action qui va avec subit le même sort.

    2) Le blog se veut grand public donc je dois modérer mon langage dans tous les sens du terme... L'histoire ne doit pas être trop sombre, trop violente...

    J'oubliai un dernier point : en aucun cas je ne prétends avoir un quelconque talent mais c'est avec un immense plaisir que j'aime imaginer des histoires improbables qui dans le fond, pourraient être le reflet de notre société passée, présente et à venir... mais ça, vous n'êtes pas obligé de me croire...

    JS

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