• Le destin tragique du Père Noël (Seconde partie et fin)

     

    Je vous l'avais bien dit. On naît un jour, mais pas pour toujours, alors, il faut essayer de voir la vie du bon côté. Sauf que l'idée même du noir infini nous hante et c'est l'effet inverse qui se produit. Alors, on se serre les uns contre les autres... en attendant que les pages soient à nouveau tournées.

    Le lecteur reposera son livre et pourra vaquer à son occupation ou s'endormir paisiblement. Nous, nous restons enfermés en attendant que le jour se fasse, qu'une paire d'yeux que nous considérons comme nos dieux, ouvre à nouveau le livre. Enfin, on respire à nouveau la vie, notre histoire refait surface mais moi, héros malgré moi d'un conte à deux sous, je suis enfermé à vie dans la médiocrité.

    Merci infiniment de m'avoir donné ce semblant d'intérêt. Si je le pouvais, je vous offrirais une statuette.. Mais ça, vous n'êtes pas obligé de me croire... tout comme la fin tragique et pitoyable du Père Noël.

     

    Le destin tragique du Père Noël (Seconde partie et fin) - JanSheng

     

    Les rues étaient bondées. Les enfants, excités par les magnifiques vitrines, les lumières scintillantes et les sublimes décorations. La joie et la bonne humeur débordante s'étaient données rendez-vous. Quand, survint l'explosion. Une déflagration violente qui fit voler les corps en éclat et recouvrit le blanc manteau neigeux d'un rouge vif.

    Le souffle de l'explosion m'envoya quelques mètres plus loin, dans le fleuve. La chute fut brutale mais je restais conscient. Mon corps baignait dans une mare de sang, à coté de membres arrachés, de corps mutilés. Pris de panique, la noyade m'enveloppa de son lourd manteau qui inexorablement m'envoyait vers le fond. Je m'accrochais tant bien que mal à ce qui s'apparentait être un tronc... un tronc humain. Je voulais vivre et pour cela, je m'accrochais à ce dernier espoir suscité par l’instinct de survie. Mais j'étais bien loin de me douter qu'une fois le rivage atteint, l'horreur et l’hystérie m'attendaient de pied ferme en la personne du Père Noël. A coup de marteau, le visage marqué par la haine, il frappait encore et encore de pauvres et dociles cétacés qui agonisaient dans d'horribles souffrances.

    Mon réveil fut brutal mais salutaire. On frappait à ma porte. Deux policiers m'annoncèrent la mort du soit disant Père Noël. Ils enquêtaient sur ce qui s'apparentait être un suicide. Bien que, d’après eux, certains éléments furent troublants.

    Après quelques questions, ils me laissèrent tout en me signifiant que je devais rester à leur disposition. Je venais de tuer le Père Noël par procuration. Cela, il était hors de question qu'ils l’apprennent.

    Une dernière mission m'attendait avant que je puisse faire définitivement le deuil. Mon vieil ami tenait à ce que j'apporte à la veuve, une enveloppe contenant une mystérieuse clé.

    Elle m'accueillit tout d'abord froidement. Elle changea d'attitude lorsqu'elle prit connaissance du courrier de son défunt mari.

     "- Il était devenu complètement fou. Se prendre pour le Père Noël !!! Quel crétin.

    - La ressemblance était frappante et puis au fond, il l'était un peu...

    - Pensez-donc, il avait une bonne situation, on manquait de rien jusqu'au jour où, il démissionna sur un coup de tête.

    - Après tout, il était le plus à plaindre. Chacun vit bien comme il l'entend. Vous auriez pu au moins lui laisser le choix plutôt que de lui imposer des mœurs somme toute...

    - Il vous l'a raconté ? Et puis zut, de toute façon il l'a raconté à tout le quartier. Maintenant, on me prend pour une traînée. Les hommes bavent sur mon passage et me font des avances les plus farfelues les unes que les autres. De toute façon, je n'aurai jamais dû l'épouser. Une belle jeune femme avec un vieil homme d'une banalité affligeante. Il aurait pu être mon père ! J’espère que vous retrouverez son traineau ajouta t-elle en s'éclatant de rire. 

    - Vous êtes la traînée qui obscurcie le ciel. L'opposé de celle que l'on voit derrière le traîneau. Elle m'avait toujours émerveillée jusqu'à ce jour. 

    - Faites de l'esprit pendant que je crève la dalle. Il est parti en emportant tout son pognon, les statuettes de collection. Et dire que ces mochetés valaient au minimum 15.000 euros. J'espère bien leur remettre la main dessus..."

    La mienne, était posée sur l'unique objet d'art que j'avais gardé en ma possession, en souvenir de mon ami. Quel con, je venais d'acquérir mon plus grand trésor et je l'avais tout bonnement jeté par la fenêtre, vue sur le fleuve.

    " - Cette enveloppe, vous pouvez me la remettre ?

    - Tenez, si elle vous aide à oublier cet homme bon sous tout rapport. Au fait, vous me disiez être à la rue. Vos petits amis pourraient vous venir en aide ?

    - Vous me gênez avec vos questions mais sachez que je l'ai fait par amour. Il m'avait dit qu'il me plaquerait si je... si je ne me soumettais pas à ses caprices. Depuis qu'il sait que je suis dans la dèche, je ne l'ai plus jamais revu."

    Pauvre Père Noël. Il croyait sa femme pieuse parce qu'elle se rendait tous les dimanches à l'Église. Il aurait pu lui donner le bon dieu sans confession. Pourtant, dés les premiers instants, je compris que cette femme était la plus tordue que le terre ait pu engendrer. Rien que pour le plaisir, j'aurai aimé qu'elle me récite une prière. L'avait-il accompagné une seule fois à l'église ? J'en doute. Sinon, il l'aurait su.

    Je lui remis la clef. Un sourire de satisfaction se dessinait sur ses lèvres. Puis la réalité repris le dessus. Il lui fallait trouver le coffre. Elle espérait que je lui donne la solution à son épineux problème. Sauf que, je n’en savais pas plus qu'elle.

    Je suis persuadé que la seule porte qu'aurait pu ouvrir cette clé était celle du cœur.  Alors, le plus simple fut qu'elle la jette de suite. Cela ne la concernait guère....

    C'est un jour d'été que je fis sa rencontre. Un putain de jour où j'aurai mieux fait de rester au lit. Depuis, je déteste le monde, je me déteste. Je hais tous ces types qui se lèvent heureux, qui embrassent leur femme en partant et qui trouvent à leur retour de bon petits plats mijotés avec amour.

    L'amour, le vrai, c'est comme le Père Noël, je doute qu'il existe. Alors, si par hasard vous le trouvez, gardez le précieusement, cachez le... car une clé, c'est vite égarée.

    Bordel de merde, elles étaient vraiment horribles ces statuettes....

     

      *******

     Merci à toi lecteur d'avoir suivi cette aventure.

    Cette histoire comme les milles autres que j'ai depuis oublié, m'est venue en pleine nuit, perturbant ainsi mon sommeil... Malheureusement, ce que l'esprit projette sur l'instant est difficilement mis en lumière par la suite pour deux raisons :

    1) Les mots qui viennent sur l'instant s'effacent le jour venu. L'action qui va avec subit le même sort.

    2) Le blog se veut grand public donc je dois modérer mon langage dans tous les sens du terme. L'histoire ne doit pas être trop sombre, trop violente...

    J'oubliai un dernier point : en aucun cas je ne prétends avoir un quelconque talent mais c'est avec un immense plaisir que j'aime imaginer des histoires improbables qui dans le fond, pourraient être le reflet de notre société passée, présente et à venir. Mais ça, vous n'êtes pas obligé de me croire...

    Antoine

     

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