• Perdu dans un monde inconnu (incongru)

     

    Allusion à  : Monsieur Alfred Hitchcock ; L'inspecteur Columbo ; Marilyn Monroe ; Chicken Run ; Pink Floyd ; Lost et peut-être Fringe (du moins certains épisodes ennuyeux)

    Cycle : Entrez dans le rêve

    Cela faisait bien longtemps que je n'avais écrit des histoires absurdes. Saurais-je encore le faire ou bien deviendrais-je le héros de l'absurde et de l'incohérence... perdu dans ses errances. Je ne le saurais qu'à la dernière ligne de mon histoire. Espoir ou désespoir ou me fendre tout simplement la poire.


    C'est en regardant une série télé qui m'ennuyait, série de science fiction qui dépassait le stade de l'interaction entre mes neurones et mes glandes pinéale (glande du sommeil) que la chose se produit. Je traversais le mur du son qui n'atteignait plus et cela depuis quelques minutes déja, mes saintes oreilles chastes. Bref, ces acteurs d'un age mûr, cons comme des manches à balai, tenaient leur rôle à la perfection. Droit dans leurs pompes, comme vous l'aviez compris, ils me pompaient le peu d'énergie qui me restait. Plutôt que de m'expliquer plus longtemps et du coup vous mettre dans le même état que moi, passons à l'action. Le lieu : ma chambre à coucher (ça laisse planer le doute sur mes modestes intentions littéraires). Les personnages : ma femme, ma femme... et moi. Ma femme était blonde car je n'aimais que les blondes, un peu comme Marilyn Monroe dont elle ne ressemblait guère sauf un seul point commun : toutes les deux avant, possédaient des cheveux bruns. Cette histoire tirée par les cheveux a une particularité bien particulière : les mondes parallèles. Vous n'y croyez guère, moi non plus mais pourtant, ils existent. Tant que chacun reste à sa place, qui pourrait bien s'en préoccuper. Mais si un élément incontrôlé chamboule le petit équilibre qui les sépare et bien, croyez le ou non, ça crée un bordel monstre. Et Dieu dans tout ça ? Aucune idée ! Alors passons ce sujet qui pourrait déchaîner les passions et déclencher les foudres divines pour nous intéresser à la suite des évènements. Lorsque l'on se regarde dans un miroir, la gauche et la droite sont inversées; et lorsqu' un personnage traverse le monde parallèle, lorsqu'il crèche là-bas à gauche et bien son appartement se trouve chez nous, juste en face, c'est à dire à droite. Évidemment si je vous parle de tout ça c'est qu'il y a bien une raison. Donc ma femme de l'autre monde habite à droite tandis que ma femme et moi habitons à gauche. Pendant que l'une est une blonde décolorée, l'autre est brune. Et les deux sont mes épouses. Pour faire court sur la coloration capillaire, ma seconde épouse (la première étant celle qui habite la même terre que la votre) a bien compris le problème car depuis elle est blonde pour me faire plaisir.

     

     

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    Laissons entre parenthèse cette première histoire pour vous raconter la seconde qui m'est arrivée il y peu. Pour la première fois de ma vie, je prenais l'avion. Qui pouvait bien être le con qui passait sur le lecteur DVD la série Lost ! Ce truc nous porta la guigne et ce qui devait arriver arriva, l'avion crasha. Seul survivant, j'en sorti presque indemne. Sauf durant un laps de temps qui me paraissait bien court mais qui en réalité dura deux ans. Je sortis enfin du coma grâce aux soins de mes sauveurs, des poulets qui possédaient deux pattes, ce qui était tout à fait normal pour ces volatiles. Mais un détail préoccupant me gifla en pleine figure : les deux ailes avec en terminaison des mains. Passons sur ce détails qui pourtant sera l'élément déterminant de mon histoire pour nous poser la question suivante : comment un homme carnassier peut survivre sur une terre hostile où il ne pousse que du blé ? La réponse est des plus simple : en mangeant de temps en temps un de ces volatiles qui pourtant n'avaient pas hésité à le sauver. La parenthèse étant refermée revenons pour la dernière fois à la suite de notre précédente lecture.

    Si je pensais avoir résolu la complexe situation par une simple teinture, je m'aperçus très vite qu'il n'en était rien.
    Je devais me débarrasser de l'une de mes deux femmes. Mais laquelle ? Et surtout comment ? Vite je rallumais la télé, espérant trouver la solution dans la série qui... venait malheureusement doublement de se terminer. Tout d'abord parce qu'un documentaire sur la chasse aux canards avait pris lieu et place. Secondo parce que les producteurs ne donneraient aucune suite aux saisons précédentes car l'audience chutait épisode après épisode.
    Je me jetais littéralement sur ma collection de DVD pour visionner tous les épisodes de Columbo espérant trouver ainsi les bases de mon acte futur. Pour compléter l'expérience de l'inspecteur en imperméable, j'allais aussi faire avaler par mon lecteur de disques enregistrés, les galettes qui contenaient les images et scénarios d'un grand maître du crime presque parfait : Alfred Hitchcock. Et c'est ainsi, que quelques jours plus tard, mon horrible destin serait scellé.

    De retour d'une visite (régulière) de chez mon charlatan de médecin, j'entrais dans mon appartement de 120 mètres carrés et trouvais ma femme Eloise, nue dans la baignoire de la salle de bain, se délassant aux senteurs de la cannelle. Quelques pas plus loin, dans la chambre à coucher où je me rendais pour me changer, je la retrouvais encore dans sa tenue d'Eve, allongée sur le lit. Comment cela était-il possible en si peu de temps. Nous échangeâmes un baiser qui dans d'autres conditions auraient titillé mes sens empirique, suivi de quelques banalités. Étrangement, je la retrouvais de nouveau dans la cuisine cette fois ci en peignoir de bain. Incroyable ! Impossible serait le mot juste. Comment avait-elle pu se retrouver ici sans m'apercevoir de sa présence. Car il fallait bien qu'elle me double (cela viendra plus tard mais dans d'autres circonstances) durant le passage dans l'étroit couloir qui joignait les deux pièces. Ni une, ni deux, je retournais dans la chambre et devinez qui y était ? Eloise dans un magnifique déshabillé. Elles étaient là, chez moi, toutes les deux. Le brouhaha régnait dans mon esprit. Noyé sous l'angoisse, une seule question faisait surface dont l'écho s'écrasait sur les falaises de mon esprit qui tombait en ruine sous l'effet de ce tremblement de terre (image certainement due aux tremblements qui agitaient mon corps). Depuis combien de temps se connaissaient-elles ? J'aimerais tout vous raconter dans les moindres détails mais le temps presse. Un grand danger me guette. Eloise me prit par la main, tout en utilisant son arme la plus dévastatrice : son sourire. Elle m'entraînait dans la minuscule cuisine anomalie de mon grand appartement. Une étrange odeur s'échappée du four suivi d'une fumée enivrante. Il ne me reste de ces derniers instants que les images gravées dans ma mémoire : mes deux femmes, portant des masques à gaz. Aussi étrange que cela puisse paraître, le poulet rôtissait avec deux gants en latex à chaque extrémité des ailes. Pensaient-elles que je décéderais sous l'effet des gaz toxiques diffusés dans la minuscule pièce ou bien sous les flammes qui embraseraient la cuisine ? Dans un dernier sursaut, je me relevais dans cet appartement déserté par les deux autres occupants, pour finir affalé sur le trottoir de ma rue. Personne ne m'a cru. Pourtant j'étais bel et bien cuit. C'est pour cette raison que l'on m'a enfermé dans cet établissement psychiatrique. Détesté par ma femme et son double, elles manigançaient ensemble le crime. Vous avez raison. Tout comme moi, vous ne croyez pas à cette version totalement ubuesque. La vérité est ailleurs. La voici :


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    Eloise n'a jamais quitté son monde parallèle. C'est moi qui ait franchi le japail pour me retrouver avec nos doubles (pour un esprit sain cette possibilité est évidement totalement impossible sauf à ce que le héros transporte son épouse dans son délire). L'avion comme prévu, décolla  de son point de départ, naviguât le nombre d'heure qu'il se devait et pour des raisons inconnues, atterrit de nouveau à son point de départ pour s'écraser au sol. Tel que je vous l'ai raconté précédemment, nos doubles c'est à dire vous et moi, dans ce monde, nous ne sommes que de vulgaires volatiles. C'est à coup de bec vengeurs qu'ils m'accueillirent. Et malgré leur haine envers le carnassier que je représentais, ils m'ont soigné. Ni voyez là aucune générosité de leur part, ils voulaient simplement me faire endurer les pires supplices. Je pus m'échapper de mon poulailler (équivalent à nos prisons). Durant mon séjour, j'avais heureusement amassé un tas de blé (je n'avais guère d'appétit pour ce plat unique). Cette monnaie d'échange me serait bien utile. Ce monde m'était définitivement hostile. Les poulets à mes trousses, je devrais prendre garde car certains avaient juré de me tordre le coup.
    Epilogue : Ils avaient fini par me rattraper. Drogué avec des substances toxiques qui m'étaient totalement inconnues, je perdais peu à peu le sens des réalités. Et c'est ainsi que je me retrouvais dans un ex-poulailler qui faisait office de camp d'extermination. Des images défilées dans ma tête sur la bande son des Pink Floyd. The Wall résonnait dans mes tympans et envahissait mon esprit de plus en plus dérangé. Un soir, par le plus grand des hasards ou par erreur, à moins que l'on cherchait à me faire peur, on m'introduisit dans une pièce : une véritable boucherie. Les propriétaires des lieux dont le commerce de blé devenait moins rentable, souhaitaient fabriquer des tourtes à base d'êtres humains. Mais à qui donc étaient-elles destinées ? C'est sur le plus grand des mystères que mon récit s'achève cette fois-ci définitivement. Mais tout comme je vous le disais, croyez le ou non, les mondes parallèles existent. Alors si un jour l'envie vous prenez, venez me libérer, je vous attends. Surtout ne vous faites pas attraper, car ils ne vous feront pas de cadeau...

    JanSheng le 17 mai 2013

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